J 'ai pas connu le temps du
fringe can -can
Et je m 'en fous de Valentin,
de tes ossets, de la goulue
Moi j 'ai connu le temps des camps
Et j 'vous l 'avoue,
je l 'ai connu sans l 'avoir voulu
Le temps des frisés polis,
revêtus de verre de gris
Des cigarettes aux marches noires
sur les boulevards
De ma jeunesse plumée,
en volée en fumée
Quand j'm 'en souviens,
ça m 'fait tout d'même du bien
Y 'avait une bande de vieux jaloux
Qui nous traitaient d 'zazous
Y 'aura toujours des gens
qui n 'aiment pas la jeunesse
Pour qui d 'avoir vingt ans
Et d 'vi vre sans un sou
C un péché dont le bonheur les rend fous
Pauvres amours d 'antan,
pauvres petits rendez -vous
Pauvres serrements, pauvres baisers,
pauvres ca resses
Pauvres désirs d 'enfant
avec le ventre creux
Les soirs d 'hiver malgré
tout amoureux
Chacun son lot, le monde va,
j 'ai compris le destin
Aussi j 'réponds quand on me parle
d 'la belle époque
Ou bien du temps présent
Dont on n pas certain qu 'il va se priver
Qu 'il nous flanque et tous en loque
Bravo pour le Madison
Les tan gos argentins
Tant mieux pour vous
si ça vous donne une âme baroque
Goulut a fait ton temps
Vous, c le vôtre à présent
Tant mieux pour vous,
moi j 'garde mes saisons
Eh dis donc Jeannette,
regarde ce que j't 'ai apporté
Au lieu du bouquet de violette
que tu m'demandais
Une livre de beurre
Comment j 'l 'ai eu ?
On va par des copains, des combines,
des combines, des combines,
parce que je t 'aime, tu sais.